Jean-Michel Abrassart discute de l’ouvrage de Lou Marinoff: “Plato, Not Prozac! Applying Eternal Wisdom to Everyday Problems”.
Tags: Philosophie, Psychanalyse, Psychologie
Jean-Michel Abrassart discute de l’ouvrage de Lou Marinoff: “Plato, Not Prozac! Applying Eternal Wisdom to Everyday Problems”.
Tags: Philosophie, Psychanalyse, Psychologie
ballado très intéressant ! merci.
Un bémol sur l’approche computationnelle de la conscience qui est, je pense, un peu passée de mode…
Bonsoir Q,
Quelle serait la métaphore utilisée actuellement?
Sceptiquement vôtre,
Au niveau des neurosciences, on parle par exemple de “noyau dynamique” (Edelman) ou “d’espace de travail” (Dehaene).
L’accent est mis sur la forte intégration de signaux venant de l’ensemble du cerveau par un petit groupe de neurones fortement inter-connectés entre eux. L’état de conscience se caractérise par exemple par des signaux synchronisés dans des endroits très différents du cerveau. La métaphore algorithmique caractérise plutôt des routines inconscientes qui sont à disposition de la conscience (comme la reconnaissance des visages, etc).
Sinon voici un petit article qui résume les différences entre un ordinateur et le cerveau : http://scienceblogs.com/developingintelligence/2007/03/why_the_brain_is_not_like_a_co.php
Bonjour on trouve, j’imagine, chez les psychanalystes un dualisme indéboulonnable. D’ailleurs comment pourrait-il le déboulonner ou au moins perdre ce sentiment d’une plus grande importance du concept d’esprit sur la compréhension du cerveau sils refusent de s’intéresser à ce dernier?
Merci pour cette émission très intéressante et originale.
Bonjour,
Pour répondre à Théo et à l’auteur, M. Abrassart, et pour y avoir réfléchi, je pense que les civilisations influencées par la philosophie grecque sont sujettes à un dualisme atavique.
Je développe en présentant un point de vue différent : la philosophie bouddhiste. Le texte suivant est extrait du livre “L’enseignement du Bouddha d’après les textes les plus anciens” par Walpola Rahula (éditions Points, 1978).
Au sujet des sens et du corps, l’auteur écrit :
“Pour lui [Bouddha], l’organe mental est seulement une faculté, ou un organe (indriya) au même titre que l’oeil ou l’oreille. Il peut être contrôlé et développé comme les autres facultés et le Bouddha parle très souvent de l’utilité de contrôler et de discipliner les 6 facultés. La différence entre l’oeil et l’organe mental, en tant que facultés, réside seulement en ce que le premier perçoit le monde des couleurs et des formes visibles, tandis que le second perçoit le monde des idées, des pensées, qui sont des objets mentaux.”
J’en conclus donc que, pour les philosophes bouddhiques, les organes de l’être humain perçoivent les couleurs au même titre que les pensées. Il existe 6 sens : vue, toucher, ouïe, goût, odorat, mental. Cette conception me semble favorable à une philosophie moniste. Mais elle nous est philosophiquement étrangère.
En revanche, aucun leg historique culturellement répandu de la philosophie grecque à ce sujet. Au contraire, nous avons bien la présence des 5 sens : vue, toucher, ouïe, goût et odorat mais le “6ème sens” est, de manière conventionnelle, celui des perceptions extrasensorielles. L’héritage grec est tel que les pensées sont donc “hors du corps et de l’organique” (idéalisme de Platon) car aucun organe humain ne serait en mesure de les percevoir.
C’est pour moi la porte ouverte au dualisme. Psychanalystes, croyants, et probablement tous et toutes, plus ou moins, y sommes soumis.
Enfin, plus en ce qui me concerne, j’ai remis “Dieu” à sa place de concept mental élaboré par les processus biologiques de mon organisme et j’embrasse depuis peu et, avec bonheur, une philosophie matérialiste moniste.
Merci pour le balado.
Cordialement.
François Brunot.